Envie de voyager, de tester un projet professionnel, de s'engager dans un service civique ou de simplement souffler avant de reprendre ses études avec plus de motivation ? La césure est le dispositif officiel qui permet à un étudiant de suspendre temporairement sa formation pendant un semestre ou une année, tout en conservant son statut d'étudiant et sa garantie de réintégration dans sa formation d'origine.
Introduite dans la réglementation française par la circulaire du 22 mai 2015 (DGESIP), la césure est un droit encadré — mais pas un droit automatique. Sa validation dépend d'un accord formalisé avec votre établissement. Ce guide vous explique comment la demander, ce que vous conservez pendant cette période et comment reprendre vos études ensuite.
Qu'est-ce que la césure et qui peut en bénéficier ?
La césure est une suspension temporaire et volontaire des études dans un établissement d'enseignement supérieur (université, IUT, grande école, école d'ingénieurs…). Elle permet à l'étudiant de réaliser un projet structuré — professionnel, personnel ou de volontariat — en dehors du cadre académique, avec la garantie de retrouver sa place à son retour.
Elle peut être demandée par tout étudiant inscrit dans l'enseignement supérieur, à n'importe quel niveau (licence, master, doctorat, écoles), à condition :
- D'être régulièrement inscrit dans un établissement d'enseignement supérieur au moment de la demande
- D'avoir un projet cohérent et suffisamment structuré pour motiver la demande
- D'obtenir l'accord de l'établissement (présidence, direction des études ou commission dédiée selon les établissements)
Quelle est la durée d'une césure ?
La césure dure au minimum un semestre et au maximum deux semestres consécutifs (soit une année universitaire complète). Il n'est pas possible d'obtenir une césure de 18 mois ou plus — la durée maximale est fixée à deux semestres dans le même cycle d'études.
La plupart des étudiants choisissent une césure d'une année complète (deux semestres), ce qui permet de mener à bien un projet substantiel (VIE à l'étranger, service civique de 6 à 12 mois, stage long, entrepreneuriat, etc.). La césure d'un seul semestre est souvent utilisée pour un stage de 6 mois ou une formation complémentaire courte.
Quels projets sont acceptés pendant une césure ?
La réglementation est intentionnellement souple sur la nature du projet. Les formes de césure les plus courantes et les plus facilement acceptées par les établissements sont :
Projets professionnels
- Stage en entreprise conventionné : en France ou à l'étranger. La convention de stage doit être signée par votre établissement d'origine, même pendant la césure.
- VIE (Volontariat International en Entreprise) : mission à l'étranger au sein d'une entreprise française ou étrangère, d'une durée de 6 à 24 mois. Très valorisé sur un CV.
- Projet entrepreneurial : dans ce cas, l'étudiant peut bénéficier du statut étudiant-entrepreneur (dispositif Pépite) qui offre un accompagnement supplémentaire.
Projets de volontariat et d'engagement
- Service Civique : mission d'intérêt général de 6 à 12 mois auprès d'une association ou d'un organisme public. Indemnisé (~600 €/mois), compatible avec la bourse CROUS.
- VSI (Volontariat de Solidarité Internationale) : engagement à l'étranger auprès d'une ONG agréée.
- Service National Universel (SNU) pour les étudiants encore éligibles.
Projets de formation et projets personnels
- Suivi d'une formation dans un autre domaine (cours de langue intensive, formation artistique, préparation à un concours…)
- Projet personnel structuré (voyage d'étude documenté, projet artistique ou culturel, engagement associatif intensif…)
En revanche, une simple «pause» sans projet défini ou un congé sabbatique sans activité identifiable ne constitue pas une caesure au sens réglementaire — les établissements refuseront une telle demande.

Comment faire la demande de césure ?
Étape 1 — Se renseigner auprès de son établissement
La procédure de demande est propre à chaque établissement : il n'existe pas de formulaire national unique. Consultez le site de votre université (rubrique «Scolarité», «Césure» ou «Mobilité») ou contactez directement votre secrétariat pédagogique pour obtenir :
- Le formulaire de demande de césure de votre établissement
- Les dates limites de dépôt (souvent plusieurs mois avant le début de la césure)
- La liste des documents justificatifs demandés
- Les modalités de validation éventuelle des acquis de la césure (crédits ECTS)
Étape 2 — Constituer le dossier de demande
Le dossier comprend généralement :
- Une lettre de motivation décrivant précisément le projet, ses objectifs, sa durée et la valeur ajoutée attendue pour votre parcours
- Un descriptif du projet (fiche de poste du stage, programme de la formation, charte du Service Civique, projet entrepreneurial détaillé…)
- Les justificatifs du projet déjà en main (convention de stage signée, lettre d'engagement, contrat VIE…)
- Votre relevé de notes et attestation d'inscription
Étape 3 — Obtenir l'accord et signer la convention
Après examen du dossier, votre établissement vous notifie par écrit sa décision. En cas d'accord, une convention de césure est signée entre vous et l'établissement. Ce document officiel précise :
- La durée exacte de la césure (dates de début et de fin)
- La nature du projet validé
- Les modalités de réintégration garanties à l'issue de la période
- Le suivi pédagogique éventuel et les crédits ECTS pouvant être accordés
- L'impact sur votre bourse CROUS (selon la décision du CROUS)
Que se passe-t-il pendant la césure : statut, bourse et sécurité sociale ?
Statut étudiant : maintenu
Pendant toute la durée de la césure, vous restez inscrit administrativement dans votre établissement. Vous conservez donc votre carte d'étudiant, ce qui vous permet de continuer à bénéficier des tarifs étudiants (transports, culture, restaurants universitaires CROUS si vous êtes présent sur le campus pour un suivi pédagogique).
Bourse CROUS : cas par cas
Le maintien de votre bourse sur critères sociaux pendant la césure n'est pas automatique — il dépend de la nature de votre projet :
- Césure en formation diplômante (suivre une autre licence, un DU, une formation reconnue) : la bourse est généralement maintenue sous réserve d'assiduité
- Service Civique : la bourse CROUS est maintenue si vous êtes en mission de service civique agréé
- Stage, VIE, projet personnel ou entrepreneurial : le maintien de la bourse est examiné au cas par cas par votre CROUS — contactez-le avant de déposer votre demande de césure pour connaître votre situation
Sécurité sociale : couverture maintenue
Depuis la suppression du régime de sécurité sociale étudiant en 2019, tous les étudiants sont affiliés au régime général de l'Assurance Maladie (PUMA). Cette couverture est maintenue pendant la césure. Si vous effectuez un stage conventionné, vous bénéficiez également de la couverture accidents du travail et maladies professionnelles via la convention de stage.

Comment revenir dans sa formation après la césure ?
Le retour en formation est garanti par la convention de césure signée au moment de l'accord. À la fin de la période, vous êtes réintégré dans votre formation d'origine, à la même année ou au semestre suivant celui où vous avez suspendu vos études.
La procédure de retour
- Informer votre établissement de votre retour prévu, idéalement 2 à 3 mois avant la date de réintégration prévue dans la convention
- Remettre un bilan de césure si votre établissement l'exige (compte-rendu de l'expérience, validation de crédits ECTS éventuels)
- Procéder à votre réinscription administrative pour l'année universitaire de retour (avec paiement de la CVEC et des droits d'inscription habituels) — comme décrit dans notre guide sur l'inscription administrative à l'université
La plupart des établissements permettent une validation partielle des crédits ECTS si la césure comprenait une activité reconnaissable (stage, formation, engagement…). Ces crédits peuvent réduire la charge de travail du semestre de retour.
Quelle différence entre une césure et un abandon d'études ?
La différence fondamentale est la garantie de réintégration. La césure est une suspension formalisée, encadrée par une convention, avec un retour prévu et garanti dans votre formation d'origine. Un abandon d'études ne donne aucune garantie de retour — vous devrez éventuellement candidater à nouveau (via Parcoursup pour la Licence, via Mon Master pour le Master, selon votre niveau).
La césure est aussi distincte du redoublement (qui implique de refaire une année sans la suspendre) et de la réorientation (qui implique de changer de formation — voir notre futur article sur la réorientation après une première année d'université).
Questions fréquentes
Peut-on demander une césure dès la première année de licence ?
Cela dépend de l'établissement. La réglementation ne l'interdit pas explicitement, mais de nombreuses universités et écoles refusent les demandes de césure avant la fin de la première année, au motif que l'étudiant ne dispose pas encore d'un bilan universitaire suffisant pour motiver et structurer un projet de césure. Renseignez-vous directement auprès de votre scolarité — certains établissements l'accordent dès le L1 pour des projets exceptionnellement bien préparés (Service Civique signé, VIE confirmé).
La césure est-elle compatible avec un contrat d'apprentissage ?
Non, pas au sens strict. Le contrat d'apprentissage implique une alternance entre l'entreprise et le centre de formation (CFA ou université). Pendant une caesure, vous n'êtes plus en formation active dans votre établissement — vous ne pouvez donc pas être simultanément en alternance dans le cadre de votre cursus d'origine. Si vous souhaitez faire de l'alternance pendant votre césure, il faudrait vous inscrire dans une autre formation en alternance — ce qui est une réorientation, pas une caesure.
Que se passe-t-il si l'établissement refuse ma demande de césure ?
La décision appartient au président ou au directeur de l'établissement. En cas de refus, vous pouvez :
- Demander un entretien pour comprendre les motifs du refus et renforcer votre dossier
- Représenter votre demande au semestre suivant avec un projet plus abouti
- Vous rapprocher de votre délégué étudiant ou du défenseur des droits si vous estimez le refus injustifié
Le refus n'est pas contestable devant une juridiction administrative directement — c'est une décision pédagogique relevant de l'autonomie des établissements.
La césure est-elle rémunérée ?
Cela dépend du projet. Un stage conventionné de plus de 2 mois est légalement rémunéré (au minimum 4,35 € brut/heure, soit environ 654 €/mois pour un temps plein en 2026). Un Service Civique verse une indemnité de ~622 € par mois. Un VIE est rémunéré entre 1 200 et 2 700 € nets selon le pays. En revanche, un projet personnel ou associatif non conventionné n'est pas rémunéré.
Combien de temps à l'avance faut-il déposer la demande ?
Les délais varient selon les établissements, mais comptez en général 2 à 4 mois avant le début de la césure souhaitée. Pour une césure débutant en septembre (rentrée), la demande doit souvent être déposée entre mars et mai de l'année précédente. Consultez impérativement le calendrier de votre scolarité — certaines universités ferment les dépôts de dossiers de césure dès la fin du premier semestre de l'année universitaire en cours.
Sources : etudiant.gouv.fr — Portail officiel des étudiants en France · Service-Public.fr — Suspension des études (césure) · Ministère de l'Enseignement supérieur — Circulaire sur la césure (mai 2015)
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