Chaque année en décembre, la même question revient : pourquoi le 25 décembre est-il un jour férié en France ? Et derrière cette question toute simple se cachent des siècles d'histoire, un accord entre Napoléon et le pape, une loi de séparation des Églises et de l'État qui n'a pas tout effacé, et une transformation culturelle profonde. Que vous soyez parent curieux, enfant qui vient de poser la question à table, ou simplement citoyen qui veut comprendre son calendrier, cet article vous donne toutes les réponses.
Qu'est-ce qu'un jour férié en France ? La base légale
En France, les jours fériés légaux sont définis par l'article L3133-1 du Code du travail. Il en existe exactement 11 dans le cas général (en dehors de l'Alsace-Moselle et des Outre-mer) :
| Jour férié | Date fixe ou mobile |
|---|---|
| Jour de l'An | 1er janvier |
| Lundi de Pâques | Mobile (mars/avril) |
| Fête du Travail | 1er mai |
| Victoire 1945 | 8 mai |
| Ascension | Mobile (mai) |
| Lundi de Pentecôte | Mobile (mai/juin) |
| Fête nationale | 14 juillet |
| Assomption | 15 août |
| Toussaint | 1er novembre |
| Armistice 1918 | 11 novembre |
| Noël | 25 décembre |
Le 25 décembre y figure en bonne et due forme. Si vous travaillez dans le secteur privé, votre convention collective peut vous accorder des droits supplémentaires, mais le principe légal est là : Noël est un jour férié légal en France.
Non, sauf le 1er mai (seul jour férié légalement obligatoirement chômé et payé). Pour le 25 décembre, c'est votre convention collective ou votre contrat de travail qui détermine si vous travaillez ou non. Dans les faits, la très grande majorité des entreprises accordent ce jour de repos.
Pourquoi le 25 décembre ? L'histoire d'une date sans source biblique
La première surprise : les Évangiles ne mentionnent ni le jour ni la saison de la naissance de Jésus-Christ. Aucun texte du Nouveau Testament ne précise « il naquit un 25 décembre ». La date a été fixée par l'Église bien plus tard.
Le IVe siècle : une date choisie stratégiquement
C'est au IVe siècle, sous le pontificat de Jules Ier, que l'Église de Rome choisit officiellement le 25 décembre pour célébrer la Nativité. Ce choix n'était pas anodin : il visait à christianiser des fêtes païennes déjà bien ancrées dans la culture romaine et germanique autour du solstice d'hiver :
- Les Saturnales romaines : grandes réjouissances en l'honneur de Saturne, dieu de l'agriculture, qui se tenaient fin décembre avec échanges de cadeaux et festins
- Le Sol Invictus (Soleil invaincu) : fête impériale romaine célébrée le 25 décembre, marquant le retour de la lumière après le solstice
- Yule : célébration germanique et nordique du solstice d'hiver, avec bûches enflammées et décorations de branches persistantes
Le symbolisme était fort : choisir le moment où la lumière commence à regagner sur l'obscurité pour célébrer le Christ, défini dans l'Évangile de Jean comme la « lumière du monde ». C'est pourquoi les célébrations débutent traditionnellement le 24 au soir : dans la liturgie ancienne, la journée commençait au coucher du soleil.

Du Concordat de 1801 au Code du travail : comment le 25 décembre est devenu férié légal
Le Concordat de 1801 : Napoléon pacifie avec Rome
La Révolution française avait profondément bouleversé le calendrier : le calendrier républicain, instauré en 1793, avait supprimé les dimanches et les fêtes religieuses au profit de « décades » et de fêtes civiques. Après la Terreur, le besoin de réconciliation sociale et religieuse était immense.
En 1801, Napoléon Bonaparte signe le Concordat avec le pape Pie VII. Cet accord reconnaît le catholicisme comme la religion de la « grande majorité des Français » et rétablit l'organisation de l'Église en France. Dans ce cadre, l'arrêté du 29 germinal an X (19 avril 1802) fixe la liste des fêtes légales à célébrer, incluant explicitement la « Naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ » — c'est-à-dire Noël — parmi les jours de repos officiel.
1905 : La séparation qui n'a pas tout effacé
La loi du 9 décembre 1905 de séparation des Églises et de l'État est un texte fondateur de la laïcité française. Elle met fin au régime concordataire sur l'ensemble du territoire (sauf l'Alsace-Moselle qui n'était pas française à l'époque) et garantit la neutralité religieuse de l'État.
Mais — et c'est là où réside le paradoxe apparent — cette loi n'a pas supprimé les jours fériés d'origine religieuse. Pourquoi ? Parce qu'ils étaient déjà ancrés dans le droit et les habitudes sociales depuis plus d'un siècle. L'État laïc a fait le choix pragmatique de les maintenir : ils étaient devenus des faits culturels et sociaux, pas seulement des obligations religieuses.
Sur les 11 jours fériés légaux français, 8 ont une origine chrétienne (Noël, Lundi de Pâques, Ascension, Lundi de Pentecôte, Assomption, Toussaint, et le 1er janvier associé à la fête de la circoncision dans l'ancien calendrier liturgique). Seuls 3 sont purement civiques : la Fête du Travail (1er mai), la Victoire de 1945 (8 mai) et la Fête nationale (14 juillet).
Du droit concordataire au Code du travail moderne
Au fil du XXe siècle, ces jours fériés ont été progressivement intégrés dans le droit du travail français, culminant dans la codification actuelle à l'article L3133-1 du Code du travail. Aujourd'hui, le 25 décembre n'est plus un jour de repos religieux imposé par l'État, mais un jour férié légal inscrit dans le droit du travail — une distinction fondamentale.

Laïcité et jours fériés chrétiens : un paradoxe apparent
La question revient régulièrement dans les débats publics : comment un État laïc peut-il maintenir des jours fériés d'origine religieuse ? La réponse du droit français est nuancée.
Le Conseil d'État a confirmé à plusieurs reprises que le maintien de ces jours fériés ne viole pas le principe de laïcité, pour deux raisons principales :
- L'antériorité historique : ces jours ont été établis avant la loi de 1905 et celle-ci n'avait pas vocation à les supprimer rétroactivement
- La sécularisation culturelle : Noël en particulier a largement dépassé sa dimension liturgique pour devenir une fête familiale et culturelle universelle en France, célébrée par des personnes de toutes confessions et convictions
Pour autant, des voix s'élèvent périodiquement pour demander soit une diversification du calendrier (inclure d'autres fêtes religieuses), soit le remplacement de certains jours par des commémorations civiques. À ce jour, le législateur n'a pas modifié la liste.
Les départements du Bas-Rhin, Haut-Rhin et Moselle vivent encore sous le régime concordataire. Ils bénéficient de 2 jours fériés supplémentaires : le Vendredi saint (dans les communes à temple protestant ou église mixte) et le 26 décembre (Saint-Étienne). Pour les familles alsaciennes et mosellanes, Noël est donc une fête doublement chômée.
Ce que ça change concrètement pour les familles et l'école
Les vacances de Noël à l'école en 2026-2027
Pour l'année scolaire 2026-2027, les vacances de Noël sont communes à toutes les zones (A, B et C) — une des rares périodes où tout le pays est en vacances simultanément :
- Début : samedi 19 décembre 2026 après la classe (vendredi 18 pour les élèves sans cours le samedi)
- Reprise : lundi 4 janvier 2027 au matin
Il est important de distinguer : le 25 décembre lui-même est un jour férié légal, mais les vacances scolaires de Noël débutent avant et reprennent après. L'école n'est donc pas fermée uniquement à cause du jour férié, mais à cause des vacances scolaires officielles qui l'encadrent. Pour les dates exactes de toutes les vacances, consultez notre article complet sur le calendrier scolaire 2026-2027 par zones A, B et C.
Les ponts autour du 25 décembre
En 2026, le 25 décembre tombe un vendredi, ce qui crée automatiquement un long week-end de 3 jours (vendredi-samedi-dimanche) sans qu'aucun pont ne soit nécessaire. En 2027, Noël tombera un samedi — naturellement accolé au week-end. Pour planifier vos prochains week-ends prolongés tout au long de l'année, consultez notre guide sur les ponts et week-ends prolongés en France.
Si votre enfant vous demande « pourquoi on n'a pas école le 25 décembre ? », vous pouvez lui répondre simplement : les vacances scolaires de Noël commencent avant le 25 (l'école est déjà fermée depuis plusieurs jours). De plus, le 25 décembre est un jour férié légal — comme le 14 juillet ou le 1er mai — un jour où la loi autorise tout le monde à ne pas travailler.
Noël à l'école : entre laïcité et tradition culturelle
La question du 25 décembre se pose aussi dans les établissements scolaires français. Noël à l'école est un sujet délicat qui a évolué avec la jurisprudence laïque :
- Les activités pédagogiques autour de Noël sont autorisées dans les écoles publiques, à condition qu'elles soient présentées comme des faits culturels et non comme une pratique religieuse
- Les crèches de Noël dans les bâtiments publics sont soumises à conditions : le Conseil d'État a précisé que leur installation est licite si elles ont un caractère culturel, artistique ou festif — mais pas si elles constituent un acte de prosélytisme religieux
- La fête de Noël est traitée comme une tradition culturelle dans les programmes scolaires, au même titre que les fêtes de fin d'année ou le carnaval
Pour tout comprendre sur la laïcité à l'école et ses implications concrètes, consultez notre article dédié : La laïcité à l'école : ce que les parents doivent savoir sur les lois en vigueur. Et si vous êtes aussi curieux du cas de l'11 novembre, autre jour férié expliqué aux enfants, notre article complet vous attend.
Questions fréquentes
Le 25 décembre est inscrit dans le Code du travail (art. L3133-1) comme jour férié légal. Son maintien malgré la loi de séparation de 1905 s'explique par l'antériorité historique (il était établi depuis le Concordat de 1801) et par sa transformation en fête culturelle et familiale célébrée par l'ensemble de la population. Le Conseil d'État a confirmé la conformité de ce maintien avec le principe de laïcité.
En France métropolitaine (hors Alsace-Moselle), il y a 11 jours fériés légaux listés à l'article L3133-1 du Code du travail. En Alsace-Moselle, ce chiffre monte à 13 avec l'ajout du Vendredi saint et du 26 décembre (Saint-Étienne). Dans les Outre-mer, des jours fériés supplémentaires liés aux commémorations de l'abolition de l'esclavage s'ajoutent selon les territoires.
Pour l'année scolaire 2026-2027, les vacances de Noël débutent le samedi 19 décembre 2026 après la classe (ou vendredi 18 pour les élèves sans cours le samedi) et reprennent le lundi 4 janvier 2027 au matin. Ces dates sont communes à toutes les zones A, B et C.
Aucun texte biblique ne fixe la date de naissance du Christ. Au IVe siècle, l'Église de Rome a choisi le 25 décembre pour christianiser les grandes fêtes romaines du solstice d'hiver (Saturnales, Sol Invictus) et germaniques (Yule), utilisant le symbolisme du retour de la lumière pour représenter le Christ, « lumière du monde ».
L'Alsace et la Moselle étaient allemandes lors de la loi de séparation de 1905 et n'y ont jamais été soumises. Elles appliquent encore le régime concordataire, qui accorde deux jours fériés supplémentaires : le Vendredi saint et le 26 décembre (Saint-Étienne) — soit 13 jours fériés au total.
Non. En France, seul le 1er mai est obligatoirement chômé et payé double pour tout salarié. Pour le 25 décembre, c'est la convention collective ou l'accord d'entreprise qui détermine si les salariés travaillent. Dans la pratique, la quasi-totalité des entreprises accordent ce jour de repos.
Sources : Service-Public.fr — Jours fériés et ponts dans le secteur privé · Légifrance — Code du travail, art. L3133-1 à L3133-3
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