Les suites numériques constituent l'un des chapitres fondateurs de la 1ère Spécialité Maths. Elles apparaissent dans de nombreux contextes concrets — placements financiers, croissance démographique, physique, économie — et préparent directement aux notions de limite et de calcul intégral en Terminale. Ce cours complet couvre les deux types de suites au programme : les suites arithmétiques et les suites géométriques.

📌
Programme officiel — 1ère Spécialité Maths (réforme 2019) : Les élèves étudient la définition des suites, les deux modes de définition (terme général et récurrence), les suites arithmétiques et géométriques (définition, terme général, somme de termes consécutifs), et les représentations graphiques. La démonstration de la nature d'une suite et le calcul de sommes sont des attendus du Baccalauréat.

Qu'est-ce qu'une suite numérique ?

Une suite numérique est une liste ordonnée de nombres réels, indexée par les entiers naturels. On la note (un), où n est le rang (indice) et un est le terme de rang n.

Exemple : la suite des carrés des entiers naturels est définie par un = n² :

n012345
un = n²01491625

Deux façons de définir une suite

  1. Par un terme général (forme explicite) : On donne directement une formule un = f(n), ce qui permet de calculer n'importe quel terme sans connaître les précédents. Exemple : un = 3n + 1.
  2. Par une relation de récurrence : On donne le ou les premiers termes et une formule qui exprime un+1 en fonction de un. Exemple : u0 = 2 et un+1 = un + 4.
💡
Attention au rang de départ : Certaines suites commencent à n = 0 (terme initial u0), d'autres à n = 1 (terme initial u1). Lisez toujours l'énoncé attentivement — c'est une source fréquente d'erreur dans les calculs de termes et de sommes.

Les suites arithmétiques

Définition

Une suite (un) est arithmétique s'il existe un réel r, appelé raison, tel que pour tout entier n :

un+1 = un + r

On passe d'un terme au suivant en ajoutant toujours la même valeur r.

Exemples concrets

ContexteTerme u0Raison rPremiers termes
Économies mensuelles (+50 €/mois)100 €+50100, 150, 200, 250…
Températures descendantes (−2°C/h)20 °C−220, 18, 16, 14…
Suite paire : un = 2n0+20, 2, 4, 6, 8…

Comment démontrer qu'une suite est arithmétique ?

Il faut montrer que la différence un+1 − un est constante (indépendante de n) :

Exemple : La suite définie par un = 4n − 3 est-elle arithmétique ?

  1. Calculer un+1 − un = [4(n+1) − 3] − [4n − 3] = 4n + 4 − 3 − 4n + 3 = 4
  2. La différence est constante et égale à 4 → la suite est arithmétique de raison r = 4.

Formule du terme général

Pour tout entier n et p :

un = u0 + n·r    (ou plus généralement : un = up + (n−p)·r)

Application : Suite arithmétique de premier terme u0 = 7 et de raison r = −3.

  • u1 = 7 + 1×(−3) = 4
  • u5 = 7 + 5×(−3) = 7 − 15 = −8
  • u100 = 7 + 100×(−3) = −293 (calcul direct, sans récurrence)

Sens de variation

  • r > 0 → suite strictement croissante
  • r < 0 → suite strictement décroissante
  • r = 0 → suite constante

Somme de termes consécutifs

La somme des termes de rang 0 à rang n (soit n+1 termes) est :

S = (n+1) × (u0 + un) / 2

Moyen mnémotechnique : nombre de termes × (premier terme + dernier terme) / 2.

Exemple : Calculer la somme 1 + 2 + 3 + ⋯ + 100.

C'est une suite arithmétique de raison 1, avec u1 = 1 et u100 = 100, comportant 100 termes.

S = 100 × (1 + 100) / 2 = 100 × 101 / 2 = 5 050

🔍
Piège sur le nombre de termes : Pour une somme allant du rang p au rang n, le nombre de termes est n − p + 1, pas n − p. Exemple : de u3 à u7, il y a 7 − 3 + 1 = 5 termes (3, 4, 5, 6, 7). Cette erreur est très fréquente au Bac.
Fiche mémo suites numériques 1ère : deux colonnes, Suite arithmétique en bleu avec formules u_{n+1}=u_n+r, u_n=u_0+nr et graphe linéaire, et Suite géométrique en rouge avec formules u_{n+1}=u_n×q, u_n=u_0×q^n et courbe exponentielle
Affichez cette fiche mémo côté bureau durant vos révisions : la comparaison côte à côte des deux types de suites aide à ne pas confondre les formules sous le stress du Bac.

Les suites géométriques

Définition

Une suite (un) est géométrique s'il existe un réel q non nul, appelé raison, tel que pour tout entier n :

un+1 = un × q

On passe d'un terme au suivant en multipliant toujours par le même facteur q. Attention : le premier terme u0 doit être non nul.

Exemples concrets

Contexteu0Raison qPremiers termes
Placement à 5% d'intérêts annuels1 000 €1,051 000 ; 1 050 ; 1 102,5 ; 1 157,6…
Population divisée par 2 chaque décennie8 0000,58 000 ; 4 000 ; 2 000 ; 1 000…
Puissances de 3 : un = 3n131, 3, 9, 27, 81…

Comment démontrer qu'une suite est géométrique ?

Il faut montrer que le quotient un+1 / un est constant et non nul (avec un ≠ 0 pour tout n) :

Exemple : La suite définie par un = 5 × 2n est-elle géométrique ?

  1. Calculer un+1 / un = [5 × 2n+1] / [5 × 2n] = 2n+1−n = 2
  2. Le quotient est constant et égal à 2 → suite géométrique de raison q = 2.

Formule du terme général

Pour tout entier n et p :

un = u0 × qn    (ou plus généralement : un = up × q(n−p))

Application : Capital placé à 4% d'intérêts composés. u0 = 2 000 €, raison q = 1,04.

  • u1 = 2 000 × 1,04 = 2 080 € (après 1 an)
  • u10 = 2 000 × 1,0410 ≈ 2 000 × 1,4802 ≈ 2 960,49 € (après 10 ans)
  • u20 = 2 000 × 1,0420 ≈ 2 000 × 2,1911 ≈ 4 382,25 € (après 20 ans)

Comportement selon la raison q

Valeur de qComportement de la suite (u0 > 0)
q > 1Croissance exponentielle : la suite tend vers +∞
0 < q < 1Décroissance vers 0 : la suite tend vers 0 en restant positive
q = 1Suite constante : tous les termes valent u0
−1 < q < 0Les termes alternent de signe et tendent vers 0
q < −1Les termes alternent de signe et divergent vers ±∞

Somme de termes consécutifs

La somme des termes de rang 0 à rang n (soit n+1 termes) est, si q ≠ 1 :

S = u0 × (1 − qn+1) / (1 − q)

Si q = 1 (suite constante) : S = (n+1) × u0.

Application : Somme des 10 premiers termes de un = 3n (u0 = 1, q = 3).

S = 1 × (1 − 310) / (1 − 3) = (1 − 59 049) / (−2) = (−59 048) / (−2) = 29 524

⚠️
Vérification rapide : La formule de somme géométrique ne fonctionne que si q ≠ 1. Avant d'appliquer la formule, vérifiez toujours que la raison n'est pas égale à 1. Si q = 1, utilisez simplement S = (n+1) × u0.
Lycéen de 1ère comparant deux courbes sur du papier millimétré : une droite bleue (suite arithmétique, croissance linéaire) et une courbe exponentielle rouge (suite géométrique) avec une calculatrice Casio et un manuel de maths 1ère sur le bureau
La représentation graphique côte à côte d'une suite arithmétique (droite) et d'une suite géométrique (courbe exponentielle) est la façon la plus visuelle de saisir la différence fondamentale entre croissance linéaire et croissance exponentielle.

Tableau comparatif : arithmétique vs géométrique

CritèreSuite arithmétiqueSuite géométrique
Passage au terme suivantAjouter rMultiplier par q
Relation de récurrenceun+1 = un + run+1 = un × q
Terme généralun = u0 + n·run = u0 × qn
Démonstrationun+1 − un = constanteun+1 / un = constante ≠ 0
Somme (rang 0 à n)(n+1)(u0 + un) / 2u0(1 − qn+1) / (1 − q)
Représentation graphiquePoints alignés (linéaire)Croissance/décroissance exponentielle
ModéliseAccroissement constant (loyer, salaire fixe)Taux de croissance constant (intérêts, population)

Les suites arithmético-géométriques (niveau avancé 1ère)

Certains énoncés de 1ère définissent des suites de la forme un+1 = a·un + b avec a ≠ 0 et a ≠ 1. Ces suites ne sont ni arithmétiques ni géométriques, mais on peut les ramener à une suite géométrique.

Méthode :

  1. Trouver le point fixe L de la relation : résoudre L = a·L + b → L = b / (1 − a)
  2. Poser vn = un − L
  3. Montrer que vn est une suite géométrique de raison a : vn+1 = a·vn
  4. Déduire vn = v0 × an, puis un = vn + L
💡
Exemple rapide : un+1 = 2un + 3, u0 = 1.
Point fixe : L = 2L + 3 → −L = 3 → L = −3.
vn = un − (−3) = un + 3, géométrique de raison 2.
v0 = u0 + 3 = 4, donc vn = 4 × 2n.
Conclusion : un = 4 × 2n − 3.

Les erreurs fréquentes aux examens

❌
Erreur 1 — Confondre raison et premier terme.
La raison est la différence constante (arithmétique) ou le facteur constant (géométrique). Le premier terme u0 est la valeur initiale. Ces deux éléments sont indépendants.

Erreur 2 — Mal compter le nombre de termes dans une somme.
De up à un, le nombre de termes est n − p + 1. Exemple : u1 + u2 + ⋯ + u10 contient 10 termes (10 − 1 + 1), pas 9.

Erreur 3 — Appliquer la formule de somme géométrique quand q = 1.
Si q = 1, la formule S = u0(1 − qn+1)/(1 − q) donne 0/0 — indéfini. Il faut utiliser S = (n+1) × u0.

Erreur 4 — Confondre terme général et récurrence pour démontrer.
Pour démontrer qu'une suite est arithmétique, on doit calculer un+1 − un à partir des expressions des termes — pas simplement vérifier sur les 2 ou 3 premiers termes.

Questions fréquentes sur les suites numériques en 1ère

❓
Quelle est la différence entre un terme général et une relation de récurrence ?
Le terme général (ou forme explicite) donne un directement en fonction de n : un = 2n + 1. Cela permet de calculer n'importe quel terme sans connaître les précédents. La relation de récurrence donne un+1 en fonction de un : pour calculer u50, il faudrait théoriquement calculer tous les termes précédents. En pratique, on cherche souvent à passer de la récurrence au terme général.
❓
Comment savoir si une suite est arithmétique ou géométrique d'après un tableau de valeurs ?
Testez d'abord les différences consécutives (u1 − u0, u2 − u1…) : si elles sont toutes égales, c'est une suite arithmétique. Ensuite testez les quotients consécutifs (u1/u0, u2/u1…) : si ils sont tous égaux (et non nuls), c'est une suite géométrique. Si ni l'un ni l'autre n'est constant, la suite n'est ni arithmétique ni géométrique.
❓
Pourquoi les intérêts composés forment-ils une suite géométrique ?
Avec un taux d'intérêt annuel de t%, le capital Cn+1 = Cn × (1 + t/100). C'est exactement la définition d'une suite géométrique de raison q = 1 + t/100. Contrairement aux intérêts simples (suite arithmétique), les intérêts composés appliquent le taux sur le capital déjà augmenté des intérêts précédents — d'où la croissance exponentielle.
❓
Quelle est la formule de la somme 1 + 2 + 3 + ⋯ + n ?
C'est la somme des n premiers entiers naturels, suite arithmétique de raison 1 à partir de u1 = 1. La formule est S = n(n+1)/2. Exemple : 1 + 2 + ⋯ + 100 = 100 × 101 / 2 = 5 050. Cette somme célèbre est attribuée à Gauss, qui la calcula mentalement à l'âge de 10 ans.
❓
Les suites numériques servent-elles à quelque chose après la 1ère ?
Oui, énormément. En Terminale, les suites introduisent la notion de limite (une suite tend vers une valeur ou vers l'infini). En classes préparatoires et à l'université, les suites sont fondamentales pour définir les fonctions, les intégrales et toute l'analyse. Dans la vie courante, elles modélisent les placements financiers, la démographie, la radioactivité et les algorithmes de convergence.

Pour consolider vos révisions sur les suites et préparer le Bac de Maths, notre guide sur rédiger des fiches de révision efficaces est un complément utile. Pour approfondir les fonctions polynômes qui préparent les suites en Terminale, consultez notre cours sur les polynômes du second degré et le discriminant.

Sources : Ministère de l'Éducation nationale — Programme de mathématiques 1ère spécialité (réforme 2019) · Éduscol — Ressources pédagogiques mathématiques lycée

Portrait de Louise

À propos de Louise

Louise est juriste spécialisée en droit de la famille et de l'éducation. Elle décrypte les réformes scolaires, explique les procédures d'affectation et défend les droits des élèves nécessitant une inclusion scolaire ou des aménagements spécifiques.